Un jeune paysan redonne un nouveau souffle à une exploitation vétuste
En s'investissant corps et âme, le jeune paysan tessinois, Paolo Rodoni, a rénové la ferme de son oncle. Un engagement, qui lui a permis de créer une exploitation, qui lui assure une bonne base pour l'avenir. Les spécialités fromagères de Rodoni, les formaggini, se vendent déjà très bien, et les commerces de la région en sont enchantés.
«L’agriculture est ma passion», déclare Paolo Rodoni. Depuis tout gosse, ce jeune homme de 28 ans a aidé son oncle, à la ferme. Après avoir travaillé quelques années comme dessinateur en électricité, il réalisa qu'il préférait devenir paysan. Quand son oncle partit à la retraite, il reprit donc sa ferme vétuste et la remit en état, en travaillant pratiquement jour et nuit. Les investissements nécessaires pour rénover la fromagerie et le magasin de la ferme engloutirent beaucoup d'argent et, sans le soutien de l'Aide Suisse aux Montagnards, le jeune entrepreneur aurait été confronté à de sérieux problèmes.
"Ici, je suis mon propre chef"
Aujourd'hui, le jeune Tessinois possède 120 chèvres, trois vaches et quatre ânes. Rodoni, qui a acquis son savoir-faire tout seul, produit une spécialité: les formaggini, à base de lait de chèvre. Ces fromages mous, d'excellente qualité, sont très appréciés tant par la population locale, que par les touristes. Rodoni vend une bonne partie de ses produits – environ la moitié pendant les mois d'été – directement. Son magasin à la ferme profite également au paysan voisin, car Rodoni, écoule aussi les produits de ce dernier, comme par exemple sa confiture. La majeure partie des formaggini est vendue à des magasins de village de la région, qui voient dans ce produit de choix une occasion idéale de compléter leur assortiment.
Paolo Rodoni effectue tous les travaux lui-même. Seuls, son père et son frère viennent lui donner un coup de main de temps en temps. Mais, il ne se plaint pas. «Ce n’est pas toujours facile, mais j’aime mon domaine et j’y suis mon propre chef. Je n’aimerais en aucun cas retourner au bureau!» Il reste cependant encore beaucoup à faire. En effet, pour que l'entreprise repose sur des bases solides à long terme, d'autres travaux de construction doivent être entrepris. Notre jeune paysan est cependant confiant: «si cela continue comme cela, je peux être optimiste en ce qui concerne l'avenir.»
«Les paysans tessinois se forgent un avenir.» Ulrich Lobsiger est expert bénévole à l'Aide Suisse aux Montagnards depuis 2002. Il est en charge de la région du Tessin.

En tant qu'expert à l'Aide Suisse aux Montagnards, vous avez rencontré personnellement Paolo Rodoni. Quelle impression vous a-t-il fait?
«Paolo Rodoni est un jeune entrepreneur travailleur, qui a un esprit de pionnier et la volonté de progresser. Il a rénové l'entreprise vétuste de son oncle et contribué ainsi au maintien de l'une des rares exploitations laitières du Val Blenio. Avec ses formaggini, il a réussi à trouver un bon créneau.»
Dans quel sens?
«Le mélange de lait de vache et de chèvre est très demandé, car pour des raisons de santé, de nombreux consommateurs ont renoncé au lait de vache.»
Est-ce que l'entreprise profite aussi au commerce régional?
«Oui. Les indigènes et les touristes font de plus en plus souvent leurs courses non plus dans les supermarchés, mais dans les magasins de village, parce qu'ils recherchent des produits naturels, fabriqués dans la région. L'attractivité des magasins de village est encore plus forte, quand ceux-ci proposent des produits typiques, comme c'est le cas pour Rodoni.
Pour quelles raisons l'Aide Suisse aux Montagnards soutient-elle cette entreprise?
«L'Aide Suisse aux Montagnards s'engage pour enrayer l'exode rural dans les régions de montagne. Dans cet esprit, il était donc judicieux de soutenir l'exploitation de Paolo Rodoni, car cette entreprise qui débute pourra assurer plus tard les bases d'existence de toute une famille. Au Tessin, on a négligé l'agriculture de montagne, ces dernières décennies, mais depuis quelques années, des particuliers et des familles font preuve d'initiative et reconstruisent. D'anciennes fermes sont remises en état et les pâturages, laissés en friche, sont à nouveau entretenus. Je ressens, chez les jeunes en particulier, un renouveau d'intérêt pour la nature.. L'Aide Suisse aux Montagnards soutient de nombreux projets visant à redynamiser l'agriculture de montagne au Tessin.»
Quelle a été votre motivation pour vos activités d'expert bénévole?
«Je vis depuis 40 ans au Tessin, j'aime les gens et m'intéresse à l'agriculture de montagne. C'est la raison pour laquelle j'ai tout de suite accepté quand on m'a proposé ce poste après ma retraite. J'aime le contact avec les gens. Je m'identifie bien avec les principes de l'Aide Suisse aux Montagnards, et la collaboration avec le siège est très agréable.»
Comment appréciez-vous les gens, qui sont soutenus par l'Aide Suisse aux Montagnards?
«En tant qu'expert, je rends régulièrement visite à des requérants d'aide. Ils sont tous très aimables et prévenants. Mais ils convainquent surtout par l'engagement inconditionnel qu'ils démontrent. Notre aide n'est pas un acte de pitié, mais un signe de reconnaissance pour les projets judicieux et porteurs qu'ils développent pour l'avenir. Terminons par un petit épisode, tiré du dur quotidien dans les montagnes. Quand je croise un couple de paysans de montagne, je leur demande souvent quand il ont pris des vacances pour la dernière fois. En général, ils ne réfléchissent pas longtemps avant d'expliquer que c'était à l'occasion de leurs voyage de noces!»
Avancement du projet: terminé
Galerie de photos du projet
Le paysan, en train de traire.