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Vreni Stucki: «L'alpage est loin de tout, mais je ne voudrais rien changer!»


La saison d'estivage sur l'alpage de Chuelouenen est pour Vreni Stucki une période de bonheur mais aussi de privations. Le chalet qu'elle a pu se construire grâce au soutien de l'Aide Suisse aux Montagnards, lui permet de dormir enfin au sec.


Madame Stucki, vous êtes maintenant depuis trois bons mois sur votre alpage de Chuelouenen. Etes-vous parfois descendue dans la vallée?
Non, tant que tout va bien ici, il n'y a pas de raison que je quitte l'alpage.

Alors, tout s'est bien passé jusqu'ici?
Oui, nous pouvons être contents. Même le mauvais temps en juin et juillet ne nous a pas affectés. Le sol ici est très caillouteux et l'eau s'écoule facilement. L'herbe peut continuer à pousser et comme il n'y a pas de marais, les génisses n'ont pas de problèmes avec leurs sabots. Mais pour nous les humains, c'était naturellement moins plaisant qu'un été plus ensoleillé.

Le nouveau logis, construit avec le soutien de l'Aide Suisse aux Montagnards a donc été terminé à point nommé?
Oui, et j'en suis ravie. Avant, quand il y avait du mauvais temps, il faisait froid et humide dans la cave où je dormais ces dernières années. Ma santé s'est améliorée depuis que je peux dormir dans le nouveau chalet. Et puis, quand mes filles et mes petits-enfants viennent à l'alpage, nous avons désormais suffisamment de place, ce qui fait que plus personne n'est obligé de dormir sous tente ou dans l'étable.

Vous n'avez donc pas été tout le temps seule ici à l'alpage avec votre père de 81 ans?
J'aurais souhaité que mes petits-enfants viennent plus souvent me voir (elle rit), mais j'ai eu beaucoup de visites. Les jeunes sont montés de temps en temps pour donner un coup de main. Et de toutes façons, nous ne sommes pas vraiment seuls. Cette année, les randonneurs ont été plus nombreux que d'habitude à passer par ici. Cela nous procure une distraction et parfois cela débouche sur des rencontres vraiment passionnantes. Je viens de recevoir du courrier de Cologne d'une femme, qui s'est reposée au début de l'été sur un banc devant notre chalet d'alpage. Son mari a fait des photos et ils m'en ont envoyé quelques-unes. Cela m'a fait plaisir.

Le 8 octobre, vous retournez dans la vallée. Une date que vous aviez fixée avant le début de la période d'estivage. Est-ce que cela tient toujours?
Bien sûr. Si je ne fixe pas de date précise pour la désalpe, à laquelle je dois me tenir, je risquerais bien de rester ici jusqu'au plus profond de l'hiver. L'alpage, c'est ma vie!

Qu'est-ce qui vous manquera quand vous serez de retour dans la vallée?
Le calme, le beau paysage, la vue sur le Stockhorn. L'inconvénient, c'est que pour arriver à l'alpage de Chuelouenen, il faut faire trois quarts d'heure de marche, mais je n'aimerais pas qu'il en soit autrement. Ce ne serait plus la même chose si l'on pouvait tout simplement monter sur l'alpage en voiture.

Y a-t-il des choses pour lesquelles vous vous réjouissez?
Pas encore. Mais lorsque la première neige arrive, j'aspire alors à me retrouver dans mon exploitation dans la vallée, où le travail à l'étable est plus aisé et où il ne faut pas continuellement sortir.

Avancement du projet: terminé

Galerie de photos du projet

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Vreni Stucki connaît l'alpage de Chuelouenen comme sa poche.
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