Maurice Masserey: «de nombreuses personnes redécouvrent les plantes traditionnelles»
Maurice Masserey se consacre avec succès à la culture de plantes médicinales et aromatiques, à Venthône en Valais et mise résolument sur la production bio. Ses plantes sont séchées en mettant à profit l'énergie solaire. «Nous ne préservons donc pas seulement l'environnement, mais faisons aussi des économies», déclare Maurice Masserey.
Vous avez été l'un des premiers à vous lancer dans la production de plantes médicinales et aromatiques. Comment l'idée vous en est-elle venue?
Au début des années 80, je voulais, avec mes modestes moyens, me construire une ferme. A cette époque, la maison Ricola cherchait des producteurs d'herbes aromatiques. Nous nous sommes donc lancés, mon épouse Marie-Christine et moi, dans la production d'herbes. J'avais une formation classique d'agriculteur, mais il m'a fallu acquérir les connaissances spécifiques à la culture des plantes aromatiques.»
Pourquoi le Valais est-il particulièrement à indiqué pour ce genre de culture?
«Cela tient tout d'abord aux conditions climatiques, qui offrent de faibles précipitations et beaucoup de soleil, et qui sont aussi idéales pour la vigne. Une autre raison, c'est la proximité du centre de recherche Agroscope à Conthey, qui encourage la culture des plantes aromatiques. Par ailleurs, les gens ici bénéficient d'une grande expérience dans les différentes cultures de montagne. De nos jours, une grande partie de la production suisse d'herbes aromatiques provient du Valais.»
Vous séchez vos plantes en ayant recours à l'énergie solaire. Pourquoi?
«J'ai fait l'acquisition d'une machine de séchage à énergie solaire, car mon ancienne installation était devenue trop petite. En tant que paysan bio, j'accorde beaucoup d'importance au traitement écologique des plantes. Pour le séchage, il faut d'une part de la chaleur, et d'autre part, un apport d'air. Pour le système de ventilation, nous utilisons du courant normal, et pour le chauffage, de l'énergie solaire. Nous préservons ainsi l'environnement tout faisant de réelles économies. Le séchage grâce à l'énergie solaire est deux fois moins onéreux que celui qui fait appel à l'énergie traditionnelle.»
Quel rôle a joué l'engagement de l'Aide Suisse aux Montagnards dans cette acquisition?
«Sans le soutien de l'ASM, je n'aurais pas pu financer cet appareil de séchage à énergie solaire. J'aurais alors dû adopter un système conventionnel, meilleur marché, mais qui aurait été plus onéreux à l'entretien.»
Quels sont les meilleurs moments dans votre travail?
C'est le moment de la cueillette, on récolte alors le fruit de ses efforts. La récolte a lieu entre mi-août et mi-septembre – une période ardue, mais magnifique. Nous récoltons plus de 20 tonnes de plantes par année qui, après séchage, ne pèsent plus que 3 tonnes environ. Cela implique un travail manuel énorme mais nécessaire lorsque l'on a opté pour une production écologique.»
Quelle est votre plante préférée?
«La sauge. J'ai été le premier à en planter pour Ricola. C'est notre produit phare et, au cours des ans, je me suis intéressé de façon intensive à cette plante. La sauge pousse particulièrement bien dans cette région. C'est une belle plante, qui a des effets curatifs dans différentes affections. Elle était déjà connue des Romains, qui prétendaient que, quand on a de la sauge dans son jardin, on n'a pas besoin de médecin.»
Quels sont les autres atouts de vos plantes?
«En dehors de la fabrication des bonbons, mes plantes peuvent être utilisées sous de multiples formes: dans la cuisine, la cosmétique ou la médecine. J'en livre par exemple à un fabricant de médicaments homéopathiques.»
Le demande pour les plantes médicinales et aromatiques est en hausse. Quelle en est la raison?
«Beaucoup de gens aspirent à un retour à la nature, en particulier pour les denrées alimentaires et la santé. Ils redécouvrent donc les produits végétaux traditionnels.»
Quelles sont les réactions des personnes qui visitent votre entreprise?
«La plupart des gens trouvent intéressant d'en apprendre davantage sur les procédés de fabrication et sur les quelque 35 sortes d'herbes que nous cultivons. Je me souviens d'une vieille paysanne qui n'était pas trop pour la production bio, mais qui a déclaré finalement que si tout ce que je racontais était vrai, cette culture de plantes aromatiques était quelque chose de super!»
Le projet
«Un créneau au potentiel croissant» Brève interview de Henri Rouge, expert à l'Aide Suisse aux Montagnards

Avancement du projet: terminé
















