Toute une vallée s'engage pour une réserve de biosphère
Le Val Mustair séduit par la beauté et l'authenticité de ses paysages et offre, par conséquent, des conditions de base idéales pour la création d'une réserve de biosphère, reconnue par l'UNESCO. Dans cette vallée, menacée par l'émigration, le projet «Biosfera» déclenche de nombreuses initiatives, qui devraient contribuer à redynamiser l'économie de façon durable.
Avec ses paysages uniques et ses villages pittoresques, le Val Müstair, situé dans la partie la plus orientale de Suisse, est l’un des joyaux des Grisons. Malgré cela, il est confronté à l’exode rural. La vallée devrait cependant retrouver un regain de vitalité, grâce à une réserve de biosphère, appuyée par l’UNESCO, et qui sera, après Entlebuch, la deuxième de ce genre en Suisse. L’UNESCO sélectionne en effet des paysages à protéger, alliant potentiel économique et préservation de la diversité biologique. Le Parc National Suisse devrait en faire partie.
Un espace de vie attrayant, pour les générations à venir
«Notre objectif est de créer, pour les générations à venir, un espace vital de valeur, qui combine protection de la nature et création de postes de travail», déclare Urs Darnunzer, directeur du projet. Un énorme potentiel pour le tourisme, l’agriculture et le commerce. Sous le label «Biosfera» et avec l’engagement résolu de la population, des projets divers voient le jour: des semaines à thème pour les écoliers, un chemin didactique le long du ruisseau Rom, des semaines pour les seniors, des tours à vélo et à pied. «Nous attachons beaucoup d’importance à avoir un tourisme écologique», précise Darnuzer.
Un nouvel essor pour le commerce local
L'un des éléments essentiels du projet «Biosfera» est la promotion des produits locaux de qualité. Une caissette en bois de pin de montagne, élaborée sur place, propose de délicieuses spécialités, ainsi que des produits artisanaux: saucisses, fromage, miel, liqueurs, ou tissus. Les divers projets faisant partie de «Biosfera» ont déjà des retombées positives: les commerces et le tourisme enregistrent un nouvel essor.
«Nous voulons stopper le déclin économique de notre vallée» Interview de Urs Darnuzer, directeur du projet Biosfera Val Müstair


Comment l'idée d'une biosphère est-elle née?«Le Val Müstair a enregistré, ces cinquante dernières années, une nette diminution de sa population, qui est passée de 1800 à 1600 habitants. Cela est dû principalement à la disparition des postes de travail. Le voisinage avec le Parc National Suisse nous donne l'opportunité de remplir les conditions nécessaires pour devenir une réserve de biosphère de l'UNESCO. Une telle réserve ne comprend pas seulement une zone centrale protégée, mais aussi une zone de développement, exploitée dans le respect de l'environnement. L'idée derrière ce projet de biosphère était donc de stopper la déclin économique du Val Müstair.»
Quels sont les avantages que vous espérez retirer de cette réserve de biosphère?«Nous espérons qu'elle amènera de nouveaux emplois et qu'elle contribuera à préserver nos beaux paysages. Les artisans, le commerce et l'agriculture enregistrent déjà une augmentation des ventes des produits du terroir, proposés sous le label «Biosfera». L'un des problèmes de ces dernières années a été l'exode d'une main d'oeuvre qualifiée. La biosphère devrait inverser les choses. Dans ce contexte, des emplois attractifs seront crées, dans le cadre de nos projets partiels. Et si, grâce à une amélioration de la situation économique, le nombre d'habitants augmente, la région aura besoin de davantage de personnel qualifié, que ce soit dans le domaine de l'enseignement ou dans le secteur bancaire.»
Qu'est ce qui passionnera les visiteurs dans cette biosphère?«Sur le thème "expérimenter la biosphère en s'instruisant", nous avons développé différentes offres didactiques, en relation avec la nature, le paysage, la culture, l'économie, le sport et les loisirs. Les semaines de projet pour les classes d'écoles, dans lesquelles les jeunes ont l'occasion de se familiariser avec la langue romanche et de visiter le Parc National, sont particulièrement intéressantes. Pour les différentes offres, des guides indigènes sont à disposition des touristes. Des gardes forestiers, des paysans ou d'autres spécialistes mettent toute leur compétence à disposition pour donner des renseignements. Nous avons déjà enregistré avec plaisir les premières réservations pour des classes d'école, et les semaines de randonnées pour les seniors commencent, elles aussi, à décoller.»
Comment la population réagit-elle, face à cette réserve de biosphère?«L'engagement de la population est très réjouissant. Nous avons eu l'occasion de le constater déjà lors de la votation populaire, où 89 pour-cent des voix se sont déclarées en faveur du projet. Grâce à la participation de divers groupes d'intérêts, tels que le commerce, l'agriculture, et le tourisme, mais aussi à l'intérêt démontré par les chasseurs, les amis de la nature et les associations de jeunes, la biosphère du Val Müstair dispose de bonnes bases.
Que représente l'engagement de l'Aide Suisse aux Montagnards dans ce projet?«Le soutien de l'Aide Suisse aux Montagnards a pour nous une valeur inestimable. Suite à la révision des dispositions légales, nos démarches en vue de remplir les critères pour la création d'un parc naturel régional – une condition exigée par la Confédération pour la création d'une réserve de biosphère – se sont avérées plus onéreuses et ont nécessité davantage de temps que prévu. Sans l'engagement de l'Aide Suisse aux Montagnards, nous n'aurions pas pu réaliser un tel projet.»
Beaucoup à découvrir dans le Val Müstair Visitez le célèbre cloître St. Johann

Peu de vallées offrent autant de randonnées et d'excursions que le Val Müstair. Mis à part le célèbre cloître St. Johann, l’une des attractions touristiques est le Parc National Suisse. Pour s’y rendre: train jusqu’à Landquart, puis: Chemins de fer Rhétiques jusqu’à Zernez. Enfin, bus jusqu’à Tschierv.
Infos: tél. 081 858 58 58
Les réserves de biosphère de l'UNESCO Développement durable

Les réserves de biosphère de l'UNESCO sont des régions, qui offrent l'assurance d'un développement durable. Ces dernières doivent respecter un équilibre entre les divers intérêts – pas toujours compatibles des milieux écologiques et de l'économie – ainsi qu'une intégration exemplaire des hommes dans la nature. L'accent n'est pas mis sur les sites naturels, mais davantage sur les paysages cultivés, que les hommes ont développés au cours des plusieurs siècles d'exploitation. Les biosphères que l'UNESCO protège, doivent être à la fois représentatives de certains types de paysages et servir de modèles pour le développement durable.
Avancement du projet: en cours de travaux
Galerie de photos du projet
Le chemin longeant le Rom permet de se familiariser avec le milieu ambiant d'un ruisseau.