Bruno Oehrli
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La flexibilité – un atout

Bruno Oehrli prépare sa ferme pour l’avenir. Ce paysan de 33 ans est convaincu que plus on va de l’avant, plus il faut faire preuve de flexibilité. Sa nouvelle étable en est la preuve.

Février 2019 / 

«Cette semaine, c’était la dernière ligne droite. Mon père et moi avons terminé la construction de l’intérieur de l’étable et demain nous pourrons y faire entrer notre bétail. Je suis curieux de voir comment les vaches, les génisses et les boeufs vont réagir. Je suis enthousiaste. Tout est comme je  l’avais imaginé, bien que tout ne soit pas encore terminé.

« La nouvelle étable est une pièce du puzzle de ma vision d’une exploitation paysanne de montagne moderne: près de la nature, qui n’implique pas trop de travail, qui protège les ressources et qui tisse des liens avec le tourisme local. Je suis convaincu que je peux faire de la ferme de mes parents une vraie perle. L’idée que je la reprenne un jour ne m’aurait pas fait rêver, il y a dix ans. Quand j’étais gosse, je voulais devenir pilote d’hélicoptère. Pour pouvoir travailler dans ce domaine, j’ai d’abord fait un apprentissage de polymécanicien. Puis j’ai déménagé de Gstaad à Berne où j’ai suivi une formation d’aviateur. J’avais déjà mon brevet en poche lorsque je me suis rendu compte que je m’engageais dans une voie sans issue. Dans ma volée, nous étions 40. Et il n’y a des jobs chaque année que pour quatre.

Changement d’orientation

Loin de la maison et en ville, j’ai pris conscience de combien les montagnes, la nature et notre ferme me manquaient. Une année d’apprentissage dans la paysannerie dans les environs de Gruyères m’a fait comprendre que l’agriculture était le bon choix pour moi. Je voulais cependant en savoir davantage que ce que l’on nous enseigne en apprentissage. Or, pour une formation plus poussée, j’aurais dû obtenir la maturité professionnelle. Cela prend du temps, et c’est cher. Mes économies tiraient à leur fin et je n’ai reçu que des refus à mes nombreuses demandes de bourse. Raison invoquée: mes parents paysans possédaient des terrains et étaient donc riches, sur le papier du moins. Finalement, c’est l’Aide Suisse aux Montagnards qui m’a aidé. Je lui en suis aujourd’hui encore reconnaissant, car sans diplôme de maturité professionnelle, les études d’agronomie dans une école spécialisée n’auraient pas été possibles.

Je suis évidemment doublement ravi que l’Aide Suisse aux Montagnards m’ait soutenu à nouveau pour la construction de l’étable. La boucle est ainsi fermée. Pendant mes études, j’ai acquis les connaissances nécessaires qui me permettent de savoir ce qui convient pour ma ferme et ce qu’il faut pour la rendre performante pour l’avenir.

J’ai d’abord arrêté la traite et suis passé à l’élevage des boeufs en pâture. Il est essentiel pour moi de réduire en permanence la charge de travail, non parce que je n’aime pas travailler, mais parce que je suis convaincu d’obtenir ainsi une meilleure rentabilité. Mon amie a un bon poste. Il ne serait pas logique qu’elle l’abandonne pour m’aider à épandre le fumier ou à faire les foins. Je délègue donc certains travaux de routine qui impliquent beaucoup de travail. Je préfère payer un collègue de la branche, qui avec sa presse à balles cylindriques engrange mon foin, plutôt que d’investir dans un  nouveau véhicule de chargement pour être en été malgré tout toute la journée à la manoeuvre. Il y a pour moi des possibilités plus rentables et plus gratifiantes de mettre à profit mon temps de travail. L’agrotourisme, par exemple. Un endroit comme le nôtre, au centre d’un site touristique réputé, c’est une énorme chance. Je ne sais pas encore exactement ce que je vais faire, mais j’ai une foule d’idées et suis aussi déjà en contact avec des décisionnaires dans le domaine du tourisme.

Mais avant tout, il faut que je termine l’étable. Elle est déjà équipée pour divers types d’utilisation. Peu importe donc pour laquelle je me décide: je ne peux pas présumer, dans notre époque où tout va de plus en plus vite, de ce que je ferai les prochaines décennies. C’est pourquoi,j’ai innové pour la construction de l’étable. J’ai découvert dans des exploitations du Mittelland que le bâtiment doit être le plus ouvert possible et sans trop de poutres qui prennent de la place. J’ai eu l’idée de ne pas bétonner le plancher des vaches, mais d’opter pour des planches de bois. Toute l’installation interne est mobile. Cela permet, en deux jours de travail, de l’utiliser à loisir pour d’autres affectations. Par exemple pour louer des boxes pour les chevaux pendant les mois d’été ou pour organiser des événements à la ferme. Je peux aussi l’adapter sans grands efforts pour divers types d’animaux. Peu importe ce que nous réserve l’avenir: je suis paré à tout avec ma nouvelle étable.»

 
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C’est ici à Gstaad, non loin des prestigieux palaces, que le jeune paysan Bruno Oehrli exploite sa ferme. Pour pouvoir tirer profit du tourisme, il en train de construire une nouvelle étable multifonctionnelle qui assurera davantage de flexibilité.
A l’intérieur tout est prêt pour les dernières finitions.
Bruno Oehrli s’en charge lui-même.
Son père Daniel lui donne aussi un coup de main. Qu’il s’agisse de dérouler les nattes en caoutchouc pour le plancher des vaches qui n’est dans sa nouvelle étable pas bétonné mais fait de lattes de bois qu’il a fabriquées lui-même…
…ou encore pour monter les barrières entre les diverses litières.
Et si par malheur un trou dans un élément métallique avait été mal percé, Bruno le retouche immédiatement dans son atelier.
La nouvelle étable se trouve tout à côté du bâtiment économique que Bruno continuera à utiliser comme remise ainsi qu’éventuellement à des fins agrotouristiques. Elle est conçue de telle sorte à pouvoir être transformée en deux jours de travail pour d’autres utilisations.
Les bœufs n’ont pas encore accès à la nouvelle étable…
… mais ce sera bientôt le cas. Et Bruno est fier de son œuvre.

Galerie de photos: Bruno Oehrli, Gstaad