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S'immerger dans la vie à l'alpage plutôt que d'être spectateur

La traite, la fabrication du fromage, le soin apporté aux bêtes: Nadia et David Deplazes nous dévoilent tous les aspects de leur vie sur l’'alpage de Glivers, au-dessus de Sumvitg/GR. Adoptant la devise «être au coeœur de l’'action plutôt que spectateur», des écoliers, des touristes et des familles viennent partager leur quotidien. Une expérience enrichissante et instructive.

Août 2012 / 

Dessert! Les enfants assis autour d’une table en bois sur la terrasse du chalet d’alpage de Glivers peuvent à peine réfréner leur impatience en regardant Nadia Deplazes préparer les assiettes de dessert: des meringues, de la crème aux framboises ainsi que du «Nidle» (crème battue) fabriqué avec du lait d’alpage. Des délices sitôt engloutis! Les enfants ne prennent même pas garde au magnifique paysage, ni aux vaches qui paissent dans ces pâturages de la Surselva. Pourtant, chez Nadia et David Deplazes, qui sont membres de la coopérative Amarenda et exploitent cet alpage de Glivers dédié à l’agro-tourisme, l’accent est mis sur le partage des expériences: «Nous voulons transmettre une tout autre image de la vie à l’alpage», explique David, qui est paysan de montagne. «Nous proposons à nos hôtes une initiation à l’environnement, avec l’alpage comme thème central. Il y a déjà suffisamment de cabanes au-dessus de la lisière de la forêt, dans lesquelles les touristes peuvent passer la nuit.» Leur public cible, ce sont les écoles, les associations et les entreprises. «Chez nous, les gens doivent pouvoir mettre la main à la pâte», poursuit Nadia, paysanne et ancienne institutrice. «Nous voulons susciter l’intérêt pour notre travail et non pas présenter la vie à l’alpage comme un spectacle.» Une conception que partage entièrement la coopérative Amarenda, à laquelle sont affiliées depuis 2005 huit ex-ploitations agricoles de montagne de Sumvitg. Hormis la commer-cialisation de produits régionaux et de diverses offres agro-touristiques, l’objectif principal est de proposer aux vacanciers ainsi qu’aux autochtones un contact personnel et une initiation à la production de produits biologiques de haute qualité.

L'’initiation commence dans la vallée

L’initiation ne commence pas sur l’alpage, à 1900 m d’altitude, mais dans la vallée, 1000 mètres plus bas. La montée en compagnie d’un guide depuis Sumvitg fait partie de l’offre. Au cours des deux heures et demie de randonnée, les hôtes reçoivent des informations détaillées sur la diversité de la faune et de la flore ainsi que sur l’interdépendance entre les exploitations de la vallée, les mayens et les alpages, ou encore sur l’élaboration des aliments. Le programme de la journée à l’alpage pour les enfants prévoit par ex. la cueillette des herbes pour les tisanes ou l’accompagnement du berger, lorsque ce dernier rassemble ses vaches en fin d’après-midi pour les traire sur l’alpage voisin. L’idée de cet alpage de Glivers trottait depuis longtemps dans la tête de Nadia et de David, qui exploitent une ferme à Surrein. «Nous avons discuté longuement pour savoir comment nous pouvions faire participer à la vie d’alpage au même titre des enfants, des adolescents et des adultes, et créer ainsi une plus-value pour la région», dit Nadia, qui a consacré son travail de diplôme à ce sujet. Le projet a atterri d’abord dans un tiroir. «J’étais enceinte de notre deuxième enfant et j’avais beaucoup de travail dans notre exploitation de plaine ainsi qu’avec nos autres projets d’agro-tourisme», explique-t-elle en avouant qu’elle songeait alors à tout laisser tomber. Mais David n’était pas d’accord. «C’est lui qui a été la locomotive», dit Nadia. Il croyait en effet en ce projet et avait trouvé l’endroit idéal: l’alpage de Glivers. Dans les années 90, deux alpages s’y sont regroupés et une cabane s’était libérée. Mais la réalisation du projet n’était pas gagnée d’avance! Nadia et David obtinrent alors un soutien bienvenu. La coopérative «D’Alps Sumvitg», à laquelle appartenaient 40 paysans de montagne, décida de mettre l’étable de l’alpage aux normes et de l’affermer pour une période de 20 ans. L’argent nécessaire pour la construction de l’étable faisait cependant défaut. Comme il faisait partie d’une autre association, à savoir le Centre Sursilvan d’Agricultura (voir encadré), l’alpage de Glivers obtint des subventions de la Confédération et du canton ainsi qu’un prêt sans intérêt de la coopérative d’alpage. Malgré tout, il restait encore un montant important à couvrir. «Ce n’est qu’avec le soutien de l’Aide Suisse aux Montagnards que nous avons enfin pu entreprendre les travaux», dit David. «Sans son aide, nous n’aurions pas pu réaliser le projet.»

Encore beaucoup de pain sur la planche

L’inauguration de l’alpage de Glivers a eu lieu le 1er juillet 2012. Plus de 400 visiteurs ont non seulement pu y déguster le fromage fabriqué sur l’alpage ainsi que des saucisses régionales, ils ont également pu se convaincre du bien-fondé de la transformation du chalet, qui est désormais lumineux et convivial sans que l’on ait dû toucher aux murs extérieurs et au toit. La salle à manger, la salle de séjour et l’espace des dortoirs, aménagé dans l’ancienne grange et qui peut accueillir jusqu’à 30 personnes, sont en bois d’épicéa qui crée une ambiance chaleureuse. Aux repas, on mange des spécialités – froides à midi et chaudes le soir – préparées sur un poêle en stéatite.
Même si le nouveau chalet simplifie bien les choses, pas question de se reposer pour Nadia et David. «Nous avons encore beaucoup de pain sur la planche», déclare David. «Nous aimerions que le plus de gens possible profitent de notre offre. Des 100 mètres à parcourir nous n’en n’avons fait que 20 pour l’instant.»

 

 

Commentaires

Barbara | 14. Octobre 2017 - 13:16
Bonjour, Pour l'été 2018, je désire faire une semaine à l'alpage et partager le quotidien des montagnards. Comment dois-je m'y prendre? Merci d'avance pour votre réponse.
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