Helga Maurer
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Les pourboires se transforment en dons

Pour la famille Maurer, le chalet sur l’alpage Pargitsch au-dessus de Churwalden est à la fois un lieu de détente, une cabane pour le ski, un jardin et un bistrot de montagne.

Septembre 2017 / 

«Puis-je vous présenter notre bouc», dit Helga Maurer. Le bouc, c’est la petite tirelire en céramique en forme de tête de bouc. Un ancien cadeau publicitaire un peu kitsch de la Banque Cantonale des Grisons. Elle a cependant une fonction particulière depuis que Helga et son mari Andreas ont converti leur chalet d’alpage en bistrot sur les pistes et y organisent des cours sur les herbes aromatiques. Et elle est toujours à proximité quand Helga encaisse. Elle a sa place attitrée dans une caissette en bois à côté du porte-monnaie de service, du bloc des commandes et des stylos. «C’est là qu’on met les pourboires», explique Helga. Et les pourboires dans ce cas-là, ce sont des dons à l’Aide Suisse aux Montagnards. «Notre objectif n’est pas de gagner de l’argent avec ce bistrot. Nous ne gardons donc pas non plus les pourboires pour nous.»

Der Bock

Helga n’aurait jamais pensé devenir un jour tenancière de bistrot. Ni que toute sa famille serait si attachée au petit village de Churwalden. Tout a commencé dans les années 90 avec un appartement de vacances que les Maurer, qui venaient de Thurgovie, louaient au village. Ils y passaient leurs vacances et leurs week-ends, mais un jour l’appartement n’a plus été disponible et tout s’arrêta. Des années plus tard, ils revinrent dans la région pour expérimenter la nouvelle piste de luge d’été. Ils découvrirent alors un panneau indiquant qu’un appartement de vacances était à vendre et ils l’achetèrent. Ils passèrent alors toutes leurs vacances dans les montagnes des Grisons, adhérèrent au ski-club local et firent connaissance avec la population locale. Leurs deux enfants qui faisaient partie des jeunes espoirs du ski-club s’intégrèrent très vite à la vie du village. Quand arriva le temps de faire un apprentissage, tous les deux décidèrent de le faire dans les Grisons plutôt qu’en Thurgovie. Nadia se lança dans une formation à l’office du tourisme de Lenzerheide et Robin s’engagea dans un magasin de sport de Churwalden. «L’appartement de vacances s’est converti en communauté d’habitation», raconte Nadja, qui vit aujourd’hui à Coire et est actuellement en visite sur l’alpage. Et moi j’habitais ici la moitié de la semaine afin que cette collocation ne soit pas totalement hors de contrôle», ajoute Helga en riant. A cette époque, Churwalden était son lieu de résidence officiel et elle y a aussi travaillé dans le tourisme. Plus tard, des membres du ski-club étaient à la recherche d’un chalet et on leur proposa l’alpage de Pargitsch qui était désaffecté. Pour certains, c’était trop rustique, mais nous étions sous le charme et nous l’avons repris nous-mêmes», raconte Helga. Les Maurer ont investi beaucoup de leur temps et ont rénové petit à petit ce chalet en bois, sans toucher cependant à sa rusticité. Aujourd’hui encore, le chalet n’a ni électricité ni eau courante. Et en hiver la température peut tomber la nuit au-dessous de zéro.

Des clients enchantés

Comment en êtes-vous venus à l’idée d’ouvrir un bistrot à l’infrastructure si basique? «Pour faire un gag, nous avons peint un panneau que nous avons placé sur la piste de ski. Les gens sont venus et ils étaient conquis.» Les Maurer étaient eux aussi ravis. Aucun doute, il fallait qu’ils demandent une autorisation. L’hiver prochain, ce sera la troisième saison déjà que le bistrot sera ouvert. Les Maurer ne sont là cependant que quand ils en ont envie. «Nous n’avons pas de périodes d’ouverture fixes. Nous décidons spontanément si nous ouvrons ou pas et l’annonçons sur notre page Facebook», dit Helga. Tout est volontairement simplifié. On peut y obtenir des assiettes froides et de la soupe. Le service est cordial mais loin d’être parfait. Et quand il y a beaucoup de monde, les tenanciers apprécient quand les gens lavent eux-mêmes leur vaisselle à l’air libre devant la maison.

«Je n’ai pas la prétention d’être une hôtesse parfaite, mais je me sens bien ici en montagne et j’aime faire partager mon enthousiasme», déclare Helga. L’idée des dons à l’Aide Suisse aux Montagnards, elle l’a eue dès le départ. Et elle est bien acceptée par les clients. «Beaucoup d’entre eux remettent encore quelques francs supplémentaires quand je leur explique la destination des dons.» Le bouc est vidé régulièrement et le pécule récolté est annoncé sur Facebook. Dès que les 1'000 francs requis pour un projet de l’Aide Suisse aux Montagnards sont atteints, les Maurer en choisissent un qu’ils souhaitent soutenir. «Certainement dans le canton des Grisons», dit Helga. Et jusqu’à quand le bouc doit-il encore être nourri pour cela? «Nous en sommes environ à la moitié», ajoute-t-elle.

 
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