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Travail en cuisine contre leçons d’anglais

Albert Gredig vit depuis 50 ans au Canada où il est fermier. Il n’a cependant jamais oublié son ancienne patrie: la Suisse et ses montagnes. Et il est un donateur fidèle de l’Aide Suisse aux Montagnards.

Novembre 2015 / 

Albert Gredig, 86 ans, se souvient bien de sa scolarité à Pontresina en Engadine. Surtout parce qu’il n’aimait guère l’école. «Je voulais tout simplement devenir paysan.» Et cela, alors que ses parents n’avaient rien à voir avec l’agriculture. Albert a fait sa première montée à l’alpage quand il avait dix ans. Il a toujours préféré donner un coup de main à un paysan du village plutôt que de faire ses devoirs. Et quand plus tard l’anglais a été proposé à l’école comme matière facultative, il a été le seul de sa classe à ne pas s’inscrire. «Pourquoi aurais-je besoin de l’anglais pour être paysan?» Cinq ans plus tard, il était dans une cuisine au Canada pour aider la fermière à faire la vaisselle contre des cours d’anglais. Aujourd’hui, l’anglais est sa langue de base. Il vit depuis plus de 50 ans dans l’Ontario, près du lac Érié, entre Toronto et Détroit. Et il est devenu un paysan influent. En Suisse, un paysan de montagne exploite en moyenne 18 hectares de terre. Albert Gredig possède huit fermes et 320 hectares de terre et il les exploite avec son fils, sans employés. Ils cultivent du maïs et du soja qu’ils vendent sur le marché mondial. Lorsque son fils monte sur la moissonneuse-batteuse, il emmène son latop et son téléphone portable pour négocier des contrats de vente pendant que l’engin avec pilotage automatique tourne.

Albert Gredig ne pouvait guère être plus loin de l’agriculture de montagne suisse. Et pourtant, elle lui tient toujours à cœur. Il lit tous les numéros du «Schweizer Bauer» et se réjouit des semaines à l’avance de recevoir le nouveau «Berghilf-Ziitig». Albert fait aussi régulièrement des dons à l’Aide Suisse aux Montagnards. «Cela me permet de garder un lien, depuis le fin fond du Canada, avec les montagnes suisses.» Depuis une dizaine d’années, il revient aussi régulièrement pour un mois en Engadine. En partie à cause d’Edith, sa deuxième femme. Ils se sont retrouvés il y a 15 ans lors d’une rencontre de classe qu’Albert avait organisée dans sa ferme au Canada. «La ferme m’a plus, Albert m’a plus – alors je suis revenue, dit Edit en esquissant un sourire. Elle ne l’a jamais regretté. «Je me plais bien au Canada. Lorsque je regarde par la fenêtre je vois un énorme champ de maïs.» Elle apprécie cependant pleinement l’escapade annuelle en Engadine. «J’éprouve parfois le besoin de revoir mes montagnes.»

 
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